Les points clés :
- Le paludisme est une maladie parasitaire transmise par la piqûre de moustiques infectés, présente surtout dans les régions tropicales.
- Il peut être grave, voire mortel, en particulier chez les jeunes enfants, les femmes enceintes et en l’absence de traitement rapide.
- Toute fièvre au retour d’un voyage en zone tropicale doit faire évoquer un paludisme.
- Des traitements efficaces existent et la maladie peut être prévenue par des mesures contre les piqûres de moustiques et une prévention adaptée avant le voyage.
La maladie
Le paludisme est une maladie infectieuse parasitaire potentiellement mortelle, due à des protozoaires du genre Plasmodium. Il sévit dans les zones tropicales, transmis à l’être humain par la piqûre de moustiques femelles du genre Anopheles infectées par le parasite. Cinq espèces de Plasmodium sont responsables d’infections humaines, dont Plasmodium falciparum, à l’origine des formes les plus graves et de la majorité des décès, et P. vivax, P. ovale, P. malariae et P. knowlesi. Après la piqûre infectante, le parasite se multiplie d’abord dans le foie, puis envahit les globules rouges, phase responsable des manifestations cliniques. Certaines espèces (P. vivax et P. ovale) peuvent persister à l’état latent dans le foie et provoquer des rechutes tardives en l’absence de traitement radical.
Le paludisme dans le monde
Le paludisme demeure un problème majeur de santé publique mondiale, malgré les progrès réalisés au cours des dernières décennies. Selon les estimations internationales, la maladie est responsable chaque année de plusieurs centaines de millions de cas et de plusieurs centaines de milliers de décès dans le monde (282 millions de cas et 610 000 décès en 2024, soit environ 9 millions de cas de plus que l’année précédente). La transmission est essentiellement concentrée dans les régions tropicales et subtropicales. L’Afrique subsaharienne supporte l’écrasante majorité de la charge mondiale, avec environ 95 % des cas et des décès, principalement liés à Plasmodium falciparum. Les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes sont les populations les plus vulnérables. Le paludisme est également présent en Asie du Sud-Est, en Asie du Sud, en Amérique latine et dans certaines régions du Moyen-Orient et du Pacifique. Dans ces zones, P. vivax est plus fréquent et responsable de formes généralement moins graves mais souvent récidivantes. Dans les pays non endémiques, le paludisme est observé sous forme de cas importés, principalement chez les voyageurs, migrants ou personnes rendant visite à leur famille en zone d’endémie. Il constitue la première cause de fièvre au retour de voyage tropical. La lutte contre le paludisme est aujourd’hui confrontée à plusieurs défis majeurs, notamment l’émergence de résistances aux antipaludiques, la résistance des moustiques aux insecticides, l’instabilité politique dans certaines zones endémiques et les effets du changement climatique sur la distribution des vecteurs.
Les symptômes
Les manifestations cliniques du paludisme apparaissent généralement après une période d’incubation de 7 à 30 jours, mais peuvent être plus tardives selon l’espèce en cause et la prise éventuelle d’une chimioprophylaxie. Le paludisme non compliqué se manifeste le plus souvent par une fièvre élevée, parfois précédée de frissons et suivie de sueurs, associée à des céphalées, des douleurs musculaires, une fatigue intense et des troubles digestifs tels que nausées, vomissements ou diarrhée. Certaines formes, en particulier celles dues à Plasmodium falciparum, peuvent évoluer rapidement vers un paludisme grave, caractérisé par des atteintes neurologiques (troubles de la conscience, convulsions, coma), une anémie sévère, une détresse respiratoire, une hypoglycémie, une insuffisance rénale aiguë ou un état de choc. Le paludisme grave constitue une urgence médicale vitale.
Le diagnostic
Le diagnostic du paludisme doit être évoqué devant toute fièvre survenant au retour d’une zone d’endémie, quel que soit le délai depuis le retour. Il repose sur la mise en évidence du parasite dans le sang par des examens parasitologiques. La goutte épaisse, associée au frottis sanguin, constitue la méthode de référence, permettant à la fois de confirmer le diagnostic, d’identifier l’espèce de Plasmodium et d’évaluer la parasitémie. Des tests de diagnostic rapide peuvent être utilisés en première intention, notamment en situation d’urgence, mais ils ne remplacent pas l’examen microscopique. Des examens biologiques complémentaires sont souvent nécessaires pour évaluer la gravité et orienter la prise en charge.
Le traitement
Le traitement du paludisme dépend de l’espèce identifiée, de la zone géographique de contamination, de la gravité de l’infection et du terrain du patient. Les formes non compliquées sont traitées par des associations thérapeutiques à base d’artémisinine ou par d’autres antipaludiques efficaces selon les résistances locales. Les infections à P. vivax et P. ovale nécessitent, en complément, un traitement radical visant à éliminer les formes hépatiques dormantes, après vérification de l’absence de déficit en G6PD. Le paludisme grave impose une hospitalisation en urgence et un traitement par artésunate par voie intraveineuse, suivi d’un relais par voie orale, associé à une surveillance clinique et biologique étroite.
La prévention
La prévention du paludisme repose sur une approche combinée. La lutte contre les piqûres de moustiques constitue un pilier essentiel, incluant l’utilisation de moustiquaires imprégnées d’insecticide, de répulsifs cutanés, de vêtements couvrants et de mesures environnementales de lutte antivectorielle. Chez les voyageurs se rendant en zone d’endémie, une chimioprophylaxie antipaludique adaptée à la destination est recommandée, débutée avant le départ et poursuivie après le retour (car les parasites peuvent encore apparaître dans le foie au cours de cette période). Comme ce traitement ne protège pas à 100 %, le respect des mesures barrières reste essentiel. À l’échelle collective, les stratégies de prévention comprennent l’amélioration de l’accès au diagnostic et au traitement précoces, la lutte antivectorielle à grande échelle et, plus récemment, le déploiement de vaccins antipaludiques à efficacité partielle dans certains pays endémiques, en complément des autres mesures de contrôle.
Les recherches sur le Paludisme à l’Institut Pasteur de Lille
Deux laboratoires travaillent sur le paludisme au sein du Centre d’Infection et d’Immunité de Lille (CNRS UMR9017, INSERM U1019, Univ Lille, IPL). L’équipe du Docteur Sylviane Pied travaille sur le neuropaludisme. L’objectif des chercheurs est d’identifier les mécanismes dans le cerveau conduisant au développement de la maladie. Les données cliniques (étude sur le terrain) et les modèles précliniques permettent d’identifier des biomarqueurs et/ou des pistes thérapeutiques potentielles. L’équipe du Docteur Jamal Khalife cherche à caractériser de nouveaux médicaments antipaludéens. Certaines enzymes parasitaires sont ciblées, notamment les phosphatases.
FAQ
C’est une maladie parasitaire due au protozoaire Plasmodium, transmise par la piqûre d’un moustique Anophèle infecté.
Fièvre irrégulière, troubles digestifs, maux de tête, douleurs musculaires, puis accès de fièvre avec frissons et sueurs.
Oui, notamment avec Plasmodium falciparum, qui peut entraîner des complications sévères, parfois mortelles.
Par l’analyse sanguine qui détecte le parasite ou ses antigènes.
Oui, plusieurs traitements antipaludiques efficaces, à commencer rapidement.
Limiter les piqûres de moustiques (moustiquaires, répulsifs) et suivre une chimioprophylaxie adaptée.
Non, mais des cas importés surviennent chez des voyageurs revenant de zones endémiques.