L’hépatite B : symptômes, traitement et prévention

Les points clés

  • L’hépatite B est une infection virale du foie causée par le virus de l’hépatite B (VHB).
  • Elle se transmet par le sang et les liquides biologiques, notamment lors de relations sexuelles, de soins invasifs ou de la transmission mère-enfant.
  • L’infection peut évoluer vers une forme chronique responsable de cirrhose et de cancer du foie.
  • Il n’existe pas de traitement permettant d’éradiquer définitivement le virus, mais des traitements efficaces contrôlent la réplication virale.
  • La vaccination contre l’hépatite B est sûre, très efficace et constitue le principal moyen de prévention.

La maladie

L’hépatite B est une maladie infectieuse virale due à un virus à ADN appartenant à la famille des Hepadnaviridae. Après la contamination, le virus infecte les hépatocytes et peut provoquer une inflammation aiguë du foie. Chez l’adulte immunocompétent, l’infection aiguë guérit le plus souvent spontanément avec acquisition d’une immunité durable. En revanche, lorsque l’infection survient chez des populations plus fragiles, comme le nourrisson ou le jeune enfant, elle évolue fréquemment vers une infection chronique, caractérisée par la persistance du virus dans l’organisme. L’hépatite B chronique peut évoluer silencieusement pendant de nombreuses années avant de se compliquer de cirrhose, d’insuffisance hépatique ou de carcinome hépatocellulaire.

L’Hépatite B dans le monde

L’hépatite B demeure un problème majeur de santé publique mondiale. Selon les estimations les plus récentes de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), environ 296 millions de personnes vivaient avec une hépatite B chronique dans le monde, et près de 1,1 million de décès étaient attribuables chaque année aux complications de l’infection, principalement la cirrhose et le cancer du foie. La prévalence est très inégale selon les régions. Les zones les plus touchées sont l’Afrique subsaharienne et la région du Pacifique occidental, où la transmission survient fréquemment dès la naissance ou dans la petite enfance. L’Asie du Sud-Est et certaines régions de l’Europe de l’Est et du Moyen-Orient sont également concernées. Dans les pays à faible endémicité, comme l’Europe occidentale, l’hépatite B touche principalement certaines populations à risque, notamment les personnes migrantes originaires de zones de forte endémie, les usagers de drogues injectables et les personnes exposées à des risques sexuels. Malgré la disponibilité d’un vaccin efficace depuis plus de 40 ans, l’hépatite B reste responsable d’une mortalité élevée, en raison d’un dépistage insuffisant et d’un accès inégal aux soins et aux traitements.

La clinique

L’infection aiguë par le virus de l’hépatite B est souvent asymptomatique ou paucisymptomatique. Lorsqu’elle est symptomatique, elle se manifeste par une fatigue intense, une fièvre modérée, des nausées, des douleurs abdominales, des urines foncées et parfois un ictère. L’hépatite B chronique est le plus souvent silencieuse pendant de nombreuses années. Les symptômes apparaissent tardivement, au stade des complications hépatiques, avec une altération de l’état général, des signes d’insuffisance hépatique ou des manifestations liées à une cirrhose ou à un cancer du foie. Chez certaines personnes, notamment les immunodéprimés, l’évolution peut être plus rapide et plus sévère.

Le diagnostic

Le diagnostic de l’hépatite B repose sur des examens biologiques sanguins, permettant de détecter les marqueurs virologiques (antigène HBs, anticorps anti-HBs et anti-HBc) et d’évaluer l’activité de la réplication virale. La quantification de l’ADN du VHB permet d’apprécier la charge virale et de guider la prise en charge thérapeutique. Des examens complémentaires, tels que le bilan hépatique, l’imagerie ou l’évaluation non invasive de la fibrose hépatique, sont utilisés pour apprécier la sévérité de l’atteinte du foie. Le dépistage est particulièrement recommandé chez les personnes à risque et chez les femmes enceintes, afin de prévenir la transmission mère-enfant.

Le traitement

Il n’existe pas de traitement permettant d’éliminer complètement le virus de l’hépatite B. Toutefois, des traitements antiviraux efficaces permettent de contrôler durablement la réplication virale, de ralentir la progression de la maladie et de réduire le risque de complications. Le traitement est indiqué chez certaines personnes atteintes d’hépatite B chronique, en fonction de l’activité virale, de l’inflammation hépatique et du degré de fibrose. Il repose principalement sur des analogues nucléos(t)idiques administrés au long cours, sous surveillance médicale régulière. La prise en charge comprend également le suivi des complications et le dépistage régulier du carcinome hépatocellulaire chez les patients à risque.

La prévention

La prévention de l’hépatite B repose avant tout sur la vaccination, qui est très efficace et bien tolérée. La vaccination universelle des nourrissons, recommandée par l’OMS, constitue la stratégie la plus efficace pour réduire durablement la transmission et la mortalité liées à la maladie. En France, la vaccination contre l’hépatite B est désormais obligatoire pour tous les nourrissons depuis 2018 avec un rattrapage vaccinal recommandé chez les enfants et les adolescents jusqu’à l’âge de 15 ans révolus. C’est également une vaccination obligatoire pour les professionnels de santé. La prévention de la transmission mère-enfant repose sur le dépistage systématique de l’hépatite B chez la femme enceinte et l’administration rapide du vaccin, associée si nécessaire à des immunoglobulines, chez le nouveau-né. Les autres mesures de prévention incluent la sécurisation des soins et des transfusions, la réduction des risques liés aux usages de drogues, la promotion du préservatif et le dépistage des personnes exposées. À l’échelle mondiale, l’amélioration de la couverture vaccinale, du dépistage et de l’accès aux traitements est essentielle pour atteindre les objectifs d’élimination de l’hépatite B comme problème majeur de santé publique.

FAQ

L’hépatite B se transmet par contact avec du sang ou des liquides biologiques infectés, principalement lors de relations sexuelles non protégées, de soins invasifs non sécurisés, ou de la transmission mère-enfant pendant la grossesse ou l’accouchement.

L’infection aiguë est souvent asymptomatique ou peu symptomatique (fatigue, fièvre modérée, nausées, douleurs abdominales). L’infection chronique peut rester silencieuse pendant des années avant d’évoluer vers des complications hépatiques graves telles que la cirrhose ou le cancer du foie.

Le diagnostic repose sur des tests sanguins détectant les marqueurs spécifiques du virus (antigène HBs, anticorps anti-HBs et anti-HBc) et la charge virale (ADN viral). Des examens complémentaires évaluent la gravité de l’atteinte hépatique.

Il n’existe pas de traitement éliminant totalement le virus. Cependant, des traitements antiviraux efficaces permettent de contrôler la réplication virale, ralentir la progression de la maladie et réduire le risque de complications.

La prévention repose principalement sur la vaccination, qui est sûre et efficace. Elle est recommandée dès la naissance, avec un dépistage systématique des femmes enceintes et une prise en charge adaptée pour prévenir la transmission mère-enfant. D’autres mesures incluent la sécurisation des pratiques médicales, la réduction des risques liés aux comportements sexuels et à l’usage de drogues, et le dépistage des personnes exposées.