Les points clés
- La fièvre jaune est une maladie virale aiguë transmise à l’être humain par la piqûre de moustiques infectés.
- Endémique dans plusieurs régions d’Afrique et d’Amérique du Sud, elle peut être responsable de flambées épidémiques.
- La maladie peut évoluer vers des formes graves associant une atteinte hépatique, des hémorragies et une défaillance multiviscérale, avec une mortalité élevée.
- Il n’existe à ce jour aucun traitement antiviral spécifique de la fièvre jaune, et la prise en charge repose sur des soins symptomatiques.
- La vaccination constitue la mesure de prévention la plus efficace et permet d’éviter la quasi-totalité des formes graves et des décès.
La maladie
La fièvre jaune est une maladie infectieuse virale due à un flavivirus, appartenant à la même famille que les virus de la dengue, du Zika et de l’encéphalite japonaise. Elle est transmise à l’être humain par la piqûre de moustiques infectés, principalement du genre Aedes et Haemagogus. Il s’agit d’une fièvre hémorragique qui sévit en Afrique et en Amérique du Sud. Après l’inoculation virale, le virus se multiplie dans l’organisme et peut entraîner une atteinte systémique, touchant notamment le foie, les reins et le système cardiovasculaire. La fièvre jaune est une arbovirose potentiellement grave et mortelle, pouvant être responsable de flambées épidémiques importantes dans les zones endémiques.
La fièvre jaune dans le monde
La fièvre jaune est endémique dans 34 pays d’Afrique et 13 pays d’Amérique centrale et du Sud. La transmission y est favorisée par la présence des moustiques vecteurs, des conditions climatiques tropicales et une couverture vaccinale insuffisante. On estime que 67 000 à 173 000 infections graves et 31 000 à 82 000 décès dus à la fièvre jaune surviennent chaque année en Afrique et dans les Amériques, l’Afrique étant le continent le plus touché. Les chiffres exacts sont probablement sous-estimés en raison d’un accès limité au diagnostic dans certaines régions. Trois cycles de transmission sont décrits :
- le cycle sylvatique, impliquant les moustiques et les primates non humains ;
- le cycle intermédiaire, observé en Afrique, avec transmission entre moustiques et populations humaines rurales ;
- le cycle urbain, responsable des épidémies, avec transmission interhumaine via Aedes aegypti.
Dans les pays non endémiques, la fièvre jaune est observée sous forme de cas importés chez des voyageurs non vaccinés. Le risque d’introduction dans de nouvelles zones existe en raison de la mondialisation et de l’extension géographique des moustiques vecteurs.
La clinique
Après une incubation de 3 à 6 jours, la fièvre jaune débute le plus souvent de façon brutale. La phase initiale associe de la fièvre, des céphalées, des courbatures généralisées, des nausées, des vomissements et une asthénie. Ces symptômes disparaissent généralement en trois à quatre jours. Dans la majorité des cas, l’évolution est favorable après cette phase aiguë. Cependant, chez environ 15% des patients, la maladie évolue vers une phase grave survenant après une brève rémission. Elle se caractérise par la réapparition d’une forte fièvre, une atteinte hépatique sévère avec ictère (jaunissement de la peau et des yeux), des saignements digestifs ou cutanéo-muqueuses (buccaux, nasaux, oculaires), une insuffisance rénale, des troubles de la coagulation et un état de choc. Environ 50 % des patients atteints d’une forme grave meurent dans les 7 à 10 jours malgré une prise en charge adaptée.
Le diagnostic
Le diagnostic est difficile, surtout au début lorsque les manifestations cliniques ne sont pas spécifiques. Dans les cas graves, les symptômes peuvent être similaires à ceux du paludisme, de la leptospirose, de l’hépatite virale, d’autres fièvres hémorragiques, telles que la dengue, et d’une intoxication. Le diagnostic est posé comme suit :
- à un stade précoce : à l’aide d’un test de réaction en chaîne par polymérase en temps réel après transcription inverse (RT-PCR) sur un échantillon de sang ; et
- à un stade ultérieur : à l’aide la détection d’anticorps par test ELISA ou test de séroneutralisation par réduction des plages de lyse (PRNT) dans un échantillon de sang.
Des examens biologiques complémentaires mettent fréquemment en évidence une cytolyse hépatique importante, une thrombopénie et des troubles de la coagulation, témoignant de la gravité potentielle de l’infection.
Le traitement
Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique contre la fièvre jaune. La prise en charge repose sur un traitement symptomatique et de soutien, idéalement en milieu hospitalier pour les formes modérées à sévères. Elle comprend le maintien des fonctions vitales, la correction des troubles hydroélectrolytiques, la prise en charge des hémorragies et de l’insuffisance hépatique ou rénale. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens et l’aspirine sont contre-indiqués en raison du risque hémorragique. La prévention des complications et la surveillance étroite sont essentielles pour réduire la mortalité.
La prévention
La prévention de la fièvre jaune repose avant tout sur la vaccination, qui est très efficace. Une seule dose de vaccin vivant atténué confère une protection durable, et considérée comme à vie avec un rappel de vaccin au moins 10 ans après la première injection. En plus d’être recommandée sur le plan médical, la vaccination peut être « administrativement » obligatoire pour les voyageurs se rendant dans certaines zones d’endémie, conformément au Règlement Sanitaire International. En France, la vaccination anti-amarile ne peut se faire que dans un centre agréé par l’ARS, comme celui de l’Institut Pasteur de Lille. Les mesures de lutte contre les moustiques constituent un complément indispensable : utilisation de répulsifs cutanés, vêtements couvrants, moustiquaires, destruction des gîtes larvaires et contrôle vectoriel en milieu urbain. À l’échelle collective, l’augmentation de la couverture vaccinale dans les pays endémiques, la surveillance épidémiologique et la réponse rapide aux flambées sont des éléments clés pour prévenir les épidémies et réduire l’impact mondial de la fièvre jaune.
FAQ
La fièvre jaune s’attrape par la piqûre d’un moustique infecté, principalement dans certaines régions d’Afrique et d’Amérique du Sud. Elle ne se transmet pas directement d’une personne à l’autre.
De nombreux pays exigent un certificat de vaccination contre la fièvre jaune pour entrer sur leur territoire, notamment en Afrique et en Amérique du Sud. Les exigences varient selon le pays et la provenance du voyageur.
Oui, la fièvre jaune peut évoluer vers des formes graves avec atteinte du foie, des reins et des hémorragies, avec une mortalité élevée.
Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique contre la fièvre jaune. La prise en charge est symptomatique. La vaccination reste la meilleure protection avant un voyage en zone à risque.
Un centre de vaccinations internationales évalue les risques liés à votre destination, vérifie vos vaccinations, délivre les certificats obligatoires et vous conseille sur les mesures de prévention adaptées à votre voyage.