L’hépatite A : symptômes, traitement et prévention

Les points clés :

  • L’hépatite A est une maladie infectieuse du foie due au virus de l’hépatite A (VHA), présente dans les pays à faible niveau d’hygiène.
  • Elle se transmet par contamination orofécale, via de l’eau ou des aliments contaminés ou par contact direct avec une personne infectée.
  • Il n’existe pas de forme chronique, pas de traitement. La guérison est spontanée et confère une protection à vie
  • Il existe un vaccin sûr et très efficace.

La maladie

L’hépatite A est une maladie infectieuse aiguë du foie, provoquée par un virus : le virus de l’hépatite A (VHA). Elle se distingue de l’hépatite B ou C notamment par ses modes de transmission et le fait que la maladie ne devient jamais chronique. La contamination par voie oro-fécale est de loin la plus courante. La transmission peut se faire de manière indirecte par ingestion d’eau ou d’aliments contaminés par des matières fécales infectées (ou contaminés par un préparateur aux mains souillées), ou de manière directe par contact avec une personne infectée (au sein de famille ou de collectivités par exemple). Elle survient fréquemment dans des contextes où l’assainissement de l’eau est insuffisant et où les mesures d’hygiène de base, comme le lavage des mains, ne sont pas respectées. Chez les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes (HSH), les pratiques sexuelles digito-anales ou oro-anales favoriseraient la transmission de la maladie.

L’hépatite A dans le monde

L’hépatite A est présente dans le monde entier, mais le risque d’infection est plus élevé dans les pays où les conditions d’hygiène sont insuffisantes. En fonction du risque de transmission du VHA, on distingue quatre types de zones géographiques :

  • des zones de haute endémicité : où le risque de contracter une hépatite A est très élevé et où la population autochtone est contaminée très tôt dans la vie en raison d’un niveau insuffisant d’hygiène collective (Afrique, Moyen-Orient, sous-continent indien, Chine, Amérique Centrale et du Sud) ;
  • des zones d’endémicité moyenne : elles sont disséminées sur tous les continents ;
  • des zones d’endémicité faible : la plupart des pays industrialisés, c’est-à-dire l’Amérique du Nord, l’Europe du Nord, le Japon et l’Australie entrent dans cette catégorie. La circulation du virus est devenue très rare, mais n’est pas abolie. Des épidémies de source commune peuvent survenir (par exemple liées à la consommation de coquillages). La France est un pays de faible endémicité ;
  • des zones de très faible endémicité : où le risque d’une contamination autochtone est devenu pratiquement nul. Les pays scandinaves ont éliminé l’hépatite A et leurs habitants sont extrêmement vulnérables à cette maladie lorsqu’ils se déplacent à l’étranger.

Des épidémies dans les pays d’Europe du Nord peuvent également se produire lorsque des enfants non vaccinés sont infectés lors de visites familiales dans des pays tropicaux et subtropicaux et transmettent le virus dans les familles ou structures d’accueil à leur retour.

La clinique

Environ 2 à 4 semaines après l’infection, la maladie se manifeste par l’apparition de fièvre, céphalées, asthénie, anorexie, douleur du foie, nausées et de l’ictère cutanéo-muqueux (jaunisse de la peau et des yeux, décoloration des selles et urines foncées). La plupart des symptômes disparaissent au bout de quelques semaines ou de quelques mois, bien que la fatigue puisse persister plus longtemps. Il n’existe pas de forme chronique à la maladie, une fois l’infection guérie, l’immunité dure toute la vie. Chez les enfants de moins de 6 ans, l’infection est généralement peu ou pas symptomatique. Au-delà, la sévérité de la maladie augmente avec l’âge (ou en cas de maladie hépatique préexistante), avec une évolution possible vers une hépatite fulminante (létalité 0,1%-0,3% ; 1,8% parmi les plus de 50 ans) dont le pronostic reste très défavorable malgré le recours possible à une transplantation hépatique d’urgence.

Le diagnostic

Sur le plan biologique, on observe une élévation des enzymes hépatiques (transaminases ALAT et ASAT) témoignant d’une atteinte du foie. Le diagnostic de l’hépatite A repose sur la détection des IgM spécifiques anti-VHA par technique Elisa. Les IgM apparaissent avec le pic des ALAT, dès le début de la phase ictérique, et disparaissent en quelques mois. Les IgG anti-VHA, présentes dès la phase aiguë de l’hépatite, persistent généralement toute la vie. Leur détection est utile dans les enquêtes séro-épidémiologiques et pour la sélection prévaccinale.

Le traitement

Il n’existe pas de traitement spécifique à cette maladie. La prise en charge consiste uniquement à soulager les symptômes. La vaccination jusqu’à 7 jours après le contact avec le virus peut prévenir l’apparition de la maladie ou en atténuer l’évolution.

La prévention

La prévention de cette maladie repose sur le respect des règles hygiéno-diététiques (lavage régulier des mains, consommation d’eau potable et d’une alimentation sûre) et la vaccination. Il existe un vaccin sûr et très efficace qui consiste en deux injections espacées d’au moins 6 mois. Il offre une protection à vie après la deuxième dose. Le vaccin contre l’hépatite A peut également être administré en combinaison avec le vaccin contre l’hépatite B (3 doses requises si elles sont administrées à des personnes âgées de 16 ans et plus). En population générale, la vaccination contre l’hépatite A est recommandée pour :

  • les jeunes accueillis dans les établissements pour l’enfance et la jeunesse handicapées ;
  • les personnes atteintes de mucoviscidose ;
  • les personnes atteintes de maladies du foie pouvant devenir chroniques, par exemple celles qui sont dues aux virus des hépatites B et C ou à une consommation excessive d’alcool ;
  • les enfants, à partir de l’âge de 1 an, nés de familles dont au moins un des membres est originaire d’un pays où sévit de manière importante l’hépatite A et qui sont susceptibles d’y séjourner ;
  • les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes.

Il existe également des recommandations de vaccination chez les professionnels à risque de contamination :

  • personnes s’occupant d’enfants n’ayant pas atteint l’âge de la propreté (personnels des crèches, assistantes maternelles, etc.) ;
  • personnels des structures collectives d’accueil pour personnes handicapées ;
  • professionnels impliqués dans la préparation alimentaire en restauration collective (cantines) ;
  • personnes chargées du traitement des eaux usées et des égouts.
  • Les militaires

Chez les voyageurs, la vaccination est recommandée à partir de l’âge de 1 an pour tous les voyageurs devant séjourner dans un pays où le niveau d’hygiène est faible, quelles que soient les conditions du séjour. Un examen sérologique préalable à la vaccination (recherche d’anticorps anti VHA totaux ou IgG) est pertinent pour les personnes ayant des antécédents d’ictère, ayant passé un séjour prolongé ou leur enfance en zone d’endémie ou nées avant 1945. La présence d’anticorps anti VHA (IgG) traduit une immunité antérieure et ne justifie pas l’administration de doses vaccinales.

FAQ

Par ingestion d’eau ou d’aliments contaminés par des matières fécales infectées, généralement dans des conditions d’hygiène insuffisantes.

Douleurs au foie, fatigue, nausées, fièvre, jaunisse, urines foncées, selles décolorées.

Non, il n’existe pas de forme chronique de l’hépatite A.

Non, le traitement est uniquement symptomatique.

Respecter les règles d’hygiène de base (lavage des mains, eau potable), éviter les aliments à risque, et se faire vacciner avant un séjour dans une zone à risque.

Oui, le vaccin est très efficace et confère une protection à long terme après la primo-vaccination et le rappel.

Ils sont rares et concernent surtout les personnes ayant une maladie hépatique préexistante.