La dengue : symptômes, traitement et prévention

Les points clés

  • La dengue est une maladie virale aiguë transmise à l’être humain par la piqûre de moustiques du genre Aedes.
  • Elle est largement répandue dans les régions tropicales et subtropicales et constitue aujourd’hui l’une des principales arboviroses dans le monde.
  • La majorité des infections sont asymptomatiques ou bénignes, mais certaines formes peuvent évoluer vers une dengue grave potentiellement mortelle.
  • Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique contre la dengue, et la prise en charge repose essentiellement sur un traitement symptomatique.
  • La prévention repose principalement sur la lutte contre les moustiques et la protection individuelle, la vaccination n’ayant qu’une place limitée et ciblée.

La maladie

La dengue est une maladie infectieuse virale des zones tropicales et subtropicales du monde entier, due à un flavivirus, dont il existe quatre sérotypes distincts (DENV-1 à DENV-4). L’infection est transmise à l’être humain par la piqûre de moustiques infectés, principalement Aedes aegypti et Aedes albopictus, actifs surtout en journée, notamment en milieu urbain où ils se développent dans les points d’eau stagnante. Après une incubation de 3 à 14 jours, le virus se multiplie dans l’organisme et peut provoquer une maladie aiguë. L’infection par un sérotype confère une immunité durable contre ce sérotype, mais une protection seulement transitoire contre les autres, ce qui explique le risque accru de formes graves lors d’infections successives. D’autres modes de transmission, plus rares, sont possibles. Une femme enceinte atteinte de la dengue peut transmettre le virus à son bébé, augmentant le risque de prématurité, de faible poids à la naissance ou de détresse foetale. La transmission de la dengue peut exceptionnellement se faire par des produits sanguins, dons d’organes et transfusions.

La dengue dans le monde

La dengue représente un enjeu majeur de santé publique mondiale, avec une incidence qui a augmenté de façon spectaculaire au cours des dernières décennies. En 2024, plus de 14,3 millions de cas ont été notifiés à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans plus de 100 pays, ce qui constitue un record historique. Lors de cette même période, plus de 11 000 décès dus à la dengue ont été signalés à l’OMS à l’échelle mondiale. La maladie touche toutes les régions du monde, mais l’essentiel des cas est concentré dans les zones tropicales et subtropicales, notamment en Asie du Sud-Est, dans les Amériques et en Afrique. Les estimations internationales suggèrent qu’au total, chaque année, environ 390 millions d’infections surviennent dans le monde, dont près de 96 millions se manifestent cliniquement. Cette charge élevée est sous-estimée dans les données officielles en raison de la sous-notification des cas bénins ou asymptomatiques. Pour la seule année 2025, plus de 4 millions de cas et plus de 3 000 décès ont déjà été rapportés à l’OMS à ce jour, dans au moins 97 pays et territoires, ce qui montre que la transmission reste très active. L’urbanisation rapide, la mondialisation des échanges, les déplacements internationaux et l’extension géographique des moustiques Aedes, favorisée par le changement climatique, contribuent à l’expansion continue de la dengue. Dans les zones non tropicales, notamment en Europe, des cas autochtones peuvent survenir de façon sporadique dans les régions où Aedes albopictus (moustique tigre) est implanté, en particulier durant la saison estivale.

La clinique

La dengue est souvent asymptomatique ou paucisymptomatique. Lorsqu’elle est symptomatique, elle débute généralement de façon brutale par une fièvre élevée, associée à des céphalées intenses, des douleurs rétro-orbitaires, des myalgies et arthralgies marquées et une asthénie importante. Des manifestations digestives (nausées, vomissements), ainsi qu’une éruption cutanée, sont fréquentes. Des signes hémorragiques mineurs, tels que des saignements gingivaux ou des épistaxis, peuvent être observés. Dans un faible pourcentage de cas, la maladie évolue vers une dengue grave ou dengue hémorragique, potentiellement mortelle, caractérisée par une fuite plasmatique, des hémorragies sévères et l’atteinte de plusieurs organes. Cette phase critique survient généralement au moment de la défervescence et nécessite une prise en charge médicale urgente. Les patients les plus à risque de développer une forme sévère et justifient une surveillance particulière sont les jeunes enfants, les personnes âgées, les femmes enceintes, les patients atteints d’une maladie chronique, ceux sous anticoagulants et enfin, ceux ayant un antécédent de dengue.

Le diagnostic

Le diagnostic de la dengue repose sur la combinaison de données cliniques, épidémiologiques et biologiques. Il doit être évoqué devant un syndrome fébrile aigu chez une personne ayant séjourné en zone de circulation du virus ou résidant dans une zone où le vecteur est présent. La confirmation biologique repose sur la détection directe du virus (PCR, antigène NS1) en phase précoce, ou sur la mise en évidence d’anticorps spécifiques à un stade plus tardif. Les examens biologiques montrent fréquemment une thrombopénie, une leucopénie et parfois une élévation des transaminases, éléments utiles pour le suivi de la gravité.

Le traitement

Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique de la dengue. La prise en charge repose sur un traitement symptomatique, incluant le repos, l’hydratation et l’utilisation d’antipyrétiques. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens et l’aspirine sont contre-indiqués en raison du risque hémorragique. Les formes modérées à sévères nécessitent une surveillance médicale étroite, en particulier durant la phase critique, afin de détecter précocement les signes de dengue grave et de prévenir les complications.

La prévention

La prévention de la dengue repose avant tout sur la lutte contre les moustiques vecteurs et la réduction des gîtes larvaires, notamment en milieu urbain. La protection individuelle comprend l’utilisation de répulsifs cutanés, de vêtements couvrants et de moustiquaires, y compris en journée. La vaccination contre la dengue est disponible mais son utilisation est limitée à des populations spécifiques, en fonction de l’âge, du statut sérologique et des recommandations nationales. Elle ne remplace en aucun cas les mesures de lutte antivectorielle. À l’échelle collective, la surveillance épidémiologique, la détection précoce des cas et les actions coordonnées de contrôle vectoriel sont essentielles pour limiter la transmission et prévenir les épidémies.

FAQ

La dengue se transmet par piqûre de moustique femelle Aedes infectée, dans les zones tropicales et subtropicales du monde entier.

La dengue provoque une fièvre élevée, des maux de tête, douleurs musculaires, nausées, vomissements, et parfois une éruption cutanée. Dans les formes graves, des hémorragies, des défaillances d’organes et un état de choc peuvent survenir.

Il n’existe pas de traitement spécifique. Le repos et les antalgiques (paracétamol) soulagent les symptômes. L’aspirine et les anti-inflammatoires sont contre-indiqués en raison du risque hémorragique.

La prévention repose sur la lutte contre les moustiques et la protection individuelle (utiliser des répulsifs, moustiquaires, vêtements longs, et éliminer les eaux stagnantes autour des habitations), ainsi que la vaccination dans certaines situations.

Non, la dengue ne se transmet pas directement entre humains. La transmission nécessite un moustique vecteur entre une personne infectée et une personne saine.