La fièvre typhoïde : symptômes, traitement et prévention

Les points clés

  • La fièvre typhoïde est une maladie bactérienne lié au péril fécal, présente particulièrement en Asie et en Afrique.
  • La transmission se fait par ingestion d’eau ou d’aliments contaminés, ou par contact direct avec des personnes malades.
  • La maladie peut se traiter par antibiothérapie mais la prévention reste indispensable.

La maladie

La fièvre typhoïde est une maladie infectieuse bactérienne aiguë, potentiellement grave, causée par Salmonella enterica sérotype Typhi (et plus rarement Paratyphi pour les fièvres paratyphoïdes). Le réservoir de ces bactéries est strictement humain. La source de contamination réside dans les matières fécales des personnes malades ou porteuses saines mais excrétrices de la bactérie. La transmission dite orofécale, peut être interhumaine directe, mais le plus souvent indirecte, via l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés (coquillages, fruits de mer, légumes crus, etc).

La fièvre typhoïde dans le monde

La fièvre typhoïde est endémique dans les pays en développement à faible niveau d’hygiène (Asie, Afrique, Amérique du Sud). Le risque est plus élevé dans les populations n’ayant pas accès à l’eau potable, et encore plus chez les enfants. En France, la maladie est rare et la majorité des cas (83%) est importée après un séjour en zone d’endémie. Selon l’OMS, 9 millions de personnes sont touchées chaque année par la fièvre typhoïde dans le monde, dont environ 110 000 cas mortels.

La clinique

La durée d’incubation de la maladie est le plus souvent de sept à quatorze jours, mais peut varier de trois jours à un mois. L’évolution naturelle de la maladie est classiquement décrite en trois « septénaires » (= semaines) mais la présentation clinique de la fièvre typhoïde peut être extrêmement variable. La phase d’invasion se traduit par une fièvre progressivement croissante (sans accélération du pouls), des céphalées frontales, fixes, insomniantes, une sensation de malaise avec myalgie et parfois une toux sèche. Elle est suivie par une phase d’état, avec fièvre élevée en plateau autour de 40°C avec un pouls lent, souvent associée à une splénomégalie et à des signes de souffrance viscérale :

  • Digestifs : douleurs abdominales (fosse iliaque droite), vomissements, ballonnements, diarrhées « jus de melon » (surtout chez l’enfant) ou plus souvent constipation (surtout chez l’adulte) ;
  • Neurologiques : somnolence, prostration, obnubilation (« tuphos ») ;
  • Cutanéo-muqueux : éruption maculo-papuleuse (tâches rosées lenticulaires) du tronc et des membres.

Des complications peuvent secondairement survenir chez environ 10% des patients : elles se manifestent sous forme d’hémorragies, de perforations digestives, d’abcès hépatiques ou spléniques, d’une myocardite ou d’une péricardite, d’une encéphalite, d’une coagulation intravasculaire disséminée, d’un syndrome d’activation macrophagique, ou d’une atteinte pleuro-pulmonaire.

Le diagnostic

Le diagnostic est confirmé par la mise en évidence de la salmonelle dans les hémocultures, l’ECBU, ou la coproculture. La sérologie n’a aucune place dans le diagnostic de la fièvre typhoïde et ne doit donc pas être réalisée.

Le Traitement

Le traitement repose sur une antibiothérapie prescrite par un médecin, un traitement symptomatique et la réhydratation.

La Prévention

La prévention collective repose sur l’accès à l’eau potable et les infrastructures sanitaires. A l’échelle individuelle, la protection repose sur le respect des règles hygiéno-diététiques (lavage régulier des mains, consommation d’eau potable et d’aliments sûrs) et la vaccination. Il existe sur le marché français un vaccin injectable polysaccharidique et un vaccin vivant atténué oral (pris sous la forme de gélules), tous deux d’une efficacité de 3 ans et non efficaces sur Salmonelle paratyphi. Des rappels peuvent être réalisés en cas de nouveau séjour en zone d’exposition. La vaccination contre la fièvre typhoïde est recommandée pour les voyageurs (adultes et enfants de 2 ans et plus) devant effectuer un séjour prolongé (plus d’un mois) ou dans de mauvaises conditions dans des pays où l’hygiène est précaire et où la maladie est présente, particulièrement en Inde et Asie du Sud-Est. La vaccination doit être réalisée au minimum quinze jours avant le départ en voyage. La vaccination n’est pas recommandée chez l’enfant de moins de 2 ans, en raison d’un risque de réponse insuffisante en anticorps. La vaccination contre la typhoïde est réglementaire pour les militaires susceptibles d’être exposés dans le cadre de leurs missions à l’étranger.

FAQ

C’est une maladie bactérienne grave due à Salmonella typhi, transmise par ingestion d’eau ou d’aliments contaminés.

Fièvre élevée, troubles digestifs, fatigue intense, parfois diarrhée caractéristique, et signes neurologiques possibles.

Par ingestion d’eau ou aliments contaminés par des selles infectées (contamination féco-orale).

Par hémoculture et/ou coproculture, confirmant la présence de la bactérie.

Oui, plusieurs antibiotiques efficaces sont disponibles, prescrits par un professionnel.

Éviter l’eau non potable et les aliments crus mal lavés, respecter les règles d’hygiène et se faire vacciner si nécessaire.

Il offre une bonne protection de 3 ans, mais ne prévient pas d’une contamination massive.

Oui, avec peu d’effets secondaires. Il est déconseillé en cas d’allergie, grossesse ou allaitement.