Les points clés :
- Le Chikungunya est une maladie infectieuse due à un virus transmis par piqûre de moustiques, dans les zones tropicales et subtropicales.
- La maladie se caractérise essentiellement par de la fièvre, des douleurs articulaires intenses, des maux de tête et une éruption cutanée.
- Elle guérit spontanément mais peut évoluer dans un grand nombre de cas vers un rhumatisme inflammatoire chronique très invalidant.
- Les moyens de prévention sont la protection contre les vecteurs du virus et la vaccination dans certains cas.
La maladie
Le Chikungunya est une maladie infectieuse due au virus CHIK appartenant à la famille des Alphavirus, transmis par piqûre de moustiques diurnes du genre Aedes (Aedes aegypti et Aedes albopictus ou « moustique tigre ». Ces moustiques, qui transmettent égalment les virus de la dengue et du Zika, sont présents dans les zones tropicales et subtropicales.
Le Chikungunya dans le monde
Le virus Chikungunya a été isolé initialement en Tanzanie en 1953. Le nom de « chikungunya » est dérivé d’un mot de la langue kimakonde, parlée dans le sud de la Tanzanie, qui signifie « se déformer » et décrit l’apparence voûtée des malades souffrant de douleurs articulaires violentes. La zone d’endémie couvre l’Afrique, l’Océan Indien, l’Inde et l’Asie du Sud-Est et, depuis 2013, l’Amérique latine et les îles du Pacifique. La prévalence réelle des fièvres dues au virus CHIK est mal connue, faute de laboratoires de référence dans de nombreux pays tropicaux et de la confusion fréquente avec la dengue du fait de la similarité des symptômes (fièvre algique), de la transmission par les mêmes vecteurs et de la superposition des aires de répartition.
La clinique
La maladie se caractérise par une fièvre élevée et brutale, accompagnée d’arthralgies intenses touchant principalement les extrémités des membres (poignets, chevilles, phalanges). D’autres symptômes sont possibles comme des céphalées, des myalgies, des éruptions cutanées, des nausées et de rares complications systémiques. Les formes graves touchent préférentiellement les nouveau-nés par transmission du virus au cours de l’accouchement par une mère virémique, les personnes âgées de 65 ans et plus et les patients atteints de maladies chroniques. La fréquence de la maladie, sa sévérité, ainsi que le taux de mortalité augmentent avec l’âge. Dans la plupart des cas, les symptômes disparaissent naturellement au bout d’une dizaine de jours mais il arrive que la maladie évolue vers une phase inflammatoire chronique marquée par des douleurs articulaires persistantes et très handicapantes, durant des mois voire des années, chez 30 à 40% des patients.
Le diagnostic
Le diagnostic biologique est utile pour différencier le virus CHIK du virus de la dengue. Il se fait par RT-PCR pendant la virémie (J1-J7) et sérologie ELISA IgM après J7. Les réactions croisées avec les autres alphavirus sont fréquentes.
Le traitement
Le traitement n’est que symptomatique : antalgique, antipyrétiques. Un surdosage en paracétamol participe à l’atteinte hépatique et les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) pourraient jouer un rôle aggravant. L’utilisation d’une corticothérapie systémique doit être prudente au cours d’arthralgies invalidantes prolongées et le recours à une prescription spécialisée au méthotrexate ou à des biothérapies doit être discuté en cas d’évolution vers un rhumatisme inflammatoire chronique.
La prévention
Les mesures de protection personnelle anti-vectorielle sont recommandées à tous les voyageurs exposés aux moustiques, via l’application de répulsifs cutanés adaptés, le port de vêtements amples et couvrants, et l’utilisation de moustiquaires éventuellement imprégnées d’insecticide. Si possible, les voyages dans les zones où sévissent une épidémie de chikungunya doivent être reportés, surtout pour les femmes enceintes, les personnes âgés ou fragiles. Deux vaccins contre le chikungunya sont actuellement disponibles (IXCHIQ® et VIMKUNYA®) dont les indications doivent être posées et les injections réalisées au cours d’une consultation médicale.
FAQ
Le chikungunya se transmet par la piqûre d’un moustique infecté du genre Aedes, comme le moustique-tigre, qui sévit dans les zones tropicales et subtropicales.
Les principaux symptômes sont une forte fièvre, des douleurs articulaires intenses, une éruption cutanée, de la fatigue et des maux de tête, apparaissant 4 à 7 jours après la piqûre.
Oui, il existe deux vaccins contre le chikungunya commercialisés en France. L’indication et la prescription se font par un médecin en consultation pré-voyage.
Utiliser des répulsifs adaptés, porter des vêtements longs et amples, et éliminer les eaux stagnantes pour limiter la prolifération des moustiques.