Les points clés
- La leptospirose est une maladie infectieuse bactérienne transmise de l’animal à l’homme.
- Elle se contracte lors d’un contact avec de l’eau ou des sols contaminés par des urines animales, le plus souvent celles de rongeurs.
- La maladie est généralement bénigne mais peut évoluer vers des formes graves, parfois mortelles.
- Un diagnostic et un traitement précoces permettent de réduire le risque de complications.
- La prévention repose sur la protection individuelle, l’hygiène et la limitation des expositions à risque.
La maladie
La leptospirose est une zoonose causée par des bactéries du genre Leptospira, dont il existe de nombreux types, parmi lesquels Leptospira icterohaemorrhagiae est l’un des plus fréquemment impliqués dans les formes humaines, en particulier les formes graves. De nombreux animaux peuvent être porteurs, en particulier les rats qui constituent le réservoir principal, mais aussi les chiens, les bovins ou les porcs. Les animaux infectés excrètent la bactérie dans leurs urines, parfois de manière prolongée, sans présenter de symptômes. La transmission à l’homme survient lors d’un contact direct ou indirect avec de l’eau douce, de la boue ou des sols contaminés. Les bactéries pénètrent dans l’organisme par une peau lésée, même minime, ou par les muqueuses (yeux, bouche). La maladie n’est pas contagieuse entre humains dans les situations habituelles. Les infections surviennent plus fréquemment dans un contexte de loisirs aquatiques, d’activités professionnelles exposées ou après des inondations, qui favorisent la dispersion de la bactérie.
La Leptospirose dans le monde
La leptospirose est présente dans toutes les régions du monde, avec une incidence plus élevée dans les zones tropicales et subtropicales, où la chaleur et l’humidité favorisent la survie des bactéries. À l’échelle mondiale, on estime qu’environ 1 million de cas surviennent chaque année, entraînant près de 60 000 décès. La maladie constitue un problème de santé publique important en Asie du Sud-Est, en Amérique latine, dans les Caraïbes et dans certaines régions d’Afrique. Dans les pays tempérés, dont la France, la leptospirose est moins fréquente mais reste présente, avec des cas survenant surtout en été et en début d’automne. Les activités de plein air, les sports nautiques et certaines professions expliquent une partie de ces infections.
La clinique
La leptospirose débute le plus souvent de manière brutale, après une incubation de quelques jours à deux semaines. Les premiers symptômes sont peu spécifiques et peuvent faire évoquer une grippe : fièvre élevée, frissons, maux de tête, fatigue intense et douleurs musculaires importantes, en particulier au niveau des mollets et du bas du dos. Des nausées, des vomissements ou une conjonctivite peuvent également être observés. Dans la majorité des cas, l’évolution est favorable. Cependant, chez environ 5 à 10 % des personnes infectées, la maladie évolue vers une forme sévère. Ces formes graves, parfois associées à Leptospira icterohaemorrhagiae, peuvent toucher plusieurs organes. Elles se manifestent notamment par une atteinte du foie avec jaunisse, une insuffisance rénale, des hémorragies (digestives ou pulmonaires) et, plus rarement, une atteinte respiratoire sévère. La mortalité est globalement faible, mais elle peut atteindre 5 à 15 % dans les formes graves. Des séquelles sont possibles après les formes sévères, telles qu’une insuffisance rénale persistante, des troubles hépatiques ou une fatigue prolongée, parfois durant plusieurs mois.
Le diagnostic
Le diagnostic repose sur l’association de symptômes évocateurs et d’une exposition à risque récente. Il est confirmé par des examens biologiques, incluant des tests sérologiques ou des techniques de biologie moléculaire (PCR). Des examens complémentaires permettent d’évaluer la gravité de la maladie et d’orienter la prise en charge. Chez les voyageurs, les migrants ou en cas de diagnostic tardif, la sérologie est souvent l’examen de référence. Un contrôle à distance peut être nécessaire pour confirmer la récente infection. Des examens complémentaires (analyses sanguines, imagerie) peuvent être réalisés afin d’évaluer l’atteinte des organes et d’orienter la prise en charge, notamment dans les formes sévères.
Le traitement
Le traitement repose sur l’administration d’antibiotiques, d’autant plus efficaces qu’ils sont débutés précocement. Les formes légères peuvent être prises en charge en ambulatoire, tandis que les formes graves nécessitent une hospitalisation, parfois en soins intensifs, avec une surveillance étroite des fonctions rénale, hépatique et respiratoire. Un suivi médical est recommandé après la phase aiguë afin de vérifier la guérison complète et de dépister d’éventuelles séquelles.
La prévention
Un vaccin (humain) contre la leptospirose est disponible en France. Il protège uniquement contre Leptospira interrogans du sérogroupe Icterohaemorrhagiae. Il est recommandé chez les professionnels et les voyageurs exposés fréquemment à des eaux ou des milieux potentiellement contaminés.
- Professionnels exposés : la vaccination peut être proposée au cas par cas par le médecin du travail après une évaluation individuelle du risque chez les personnes exerçant une activité professionnelle les exposant fréquemment à des eaux ou des milieux potentiellement contaminés (par exemple : entretien de canaux, rivières ou berges, travail dans les égouts ou certaines stations d’épuration, pisciculture, pêche professionnelle, plongeurs professionnels, gardes-pêche).
- Voyageurs et loisirs en eau douce : chez les personnes se rendant régulièrement ou durablement dans des zones où la leptospirose est fréquente (zones tropicales ou subtropicales) et pratiquant des activités aquatiques exposées (baignade, canoë-kayak, rafting, canyoning, triathlon, randonnée en zones humides), la vaccination peut être proposée au cas par cas après évaluation individuelle du risque par un professionnel de santé.
La vaccination ne protège pas contre tous les types de leptospires et ne remplace pas les mesures de protection individuelle (équipement adapté, hygiène, éviter les eaux contaminées). Elle doit être envisagée en complément des autres gestes de prévention.
FAQ
La leptospirose se transmet lors d’un contact direct ou indirect avec de l’eau douce, de la boue ou des sols contaminés par les urines d’animaux infectés, en particulier les rongeurs. Les bactéries pénètrent dans l’organisme par une peau lésée, même minime, ou par les muqueuses. La transmission interhumaine est exceptionnelle.
La maladie débute le plus souvent brutalement par une fièvre élevée, des frissons, des maux de tête, une fatigue intense et des douleurs musculaires marquées, notamment au niveau des mollets. Des nausées, des vomissements ou une conjonctivite peuvent également être observés.
Dans environ 5 à 10 % des cas, la leptospirose évolue vers une forme sévère avec atteinte de plusieurs organes, pouvant associer jaunisse, insuffisance rénale, hémorragies ou détresse respiratoire. Les formes graves surviennent plus fréquemment après une exposition importante ou chez certaines personnes à risque.
Le diagnostic repose sur la combinaison de signes cliniques évocateurs et d’une exposition récente, confirmé par des examens biologiques (PCR ou sérologie). Le traitement repose sur une antibiothérapie, d’autant plus efficace qu’elle est débutée précocement. Les formes sévères nécessitent une prise en charge hospitalière.
La prévention repose sur l’évitement des expositions à risque, le port d’équipements de protection et le respect des règles d’hygiène. Un vaccin est disponible en France, protégeant contre un sérogroupe spécifique, et peut être proposé au cas par cas chez les professionnels ou les personnes fortement exposées. Il ne remplace pas les mesures de protection individuelle.